Interview de Sébastien François Director, Alliances & Channels, South EMEA

DocuSign sera présent à Rent Paris, salon dédié à l’innovation et aux nouvelles technologies dans le secteur de l’immobilier. Cette manifestation, qui se tiendra les 3 et 4 Octobre, sera l’occasion pour DocuSign de présenter sa plateforme System of Agreement permettant aux entreprises de préparer, signer et gérer leurs accords et contrats.

A cette occasion Sébastien François Director, Alliances & Channels, South EMEA chez DocuSign, nous donne sa vision de ce secteur d’activité.

Pourquoi participer au salon Rent ?

DocuSign a été précurseur sur le marché de l’immobilier et cela nous a valu d’être sélectionné comme startup innovante par les organisateurs pour la première édition de Rent en 2013. Nous sommes convaincus que ce secteur d’activité doit se digitaliser et nous avons une vision très claire sur la façon dont DocuSign peut contribuer à l’aider à en tirer les bénéfices.

Comment considérez-vous le niveau de digitalisation de ce secteur ?

Contrairement à de nombreux secteurs d’activités contraints de se digitaliser sous la pression d’acteurs disrupteurs comme le tourisme avec Booking, Airbnb ou les taxis avec Uber, l’immobilier n’a pas été confronté à cette situation. De fait ils n’ont pas eu besoin de repenser en profondeur leurs process et leurs organisations. Ils ont dématérialisé certaines taches comme les mandats, les fiches descriptives, ou les bons de visites, mais n ‘ont pas entrepris la digitalisation de la gestion des accords et des contrats. Il a fallu attendre que les pouvoirs publics avec la loi Alur -relative à l’accès au logement et urbanisme rénové-, et récemment la loi Elan – Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique- pour que les professionnels de l’immobilier, que ce soit les agents immobiliers, les notaires, les mandataires, les syndics commencent à dématérialiser leurs process et ce jusqu’à la signature électronique.

Pensez-vous que les freins soient plus nombreux sur le secteur de l’immobilier qu’ailleurs ?

Au delà de l’environnement juridique de ce secteur qui est l’un des plus contraignants, nous observons aussi des réticences de la part des professionnels à changer leurs méthodes de travail. C’est humain, pourquoi tout bousculer quand on n’y est pas contraint et quand les méthodes appliquées sont efficientes depuis des décennies ? Il y a aussi toute la dimension psychologique des particuliers et des professionnels, notamment les anciennes générations qui, en virtualisant ont le sentiment de perdre toutes traces de la transaction. Mais aujourd’hui ces deux lois et la signature électronique reconnue comme valeur probante vont faire basculer le secteur de l’immobilier dans l’ère du digital.

Quels sont les bénéfices apportés par la digitalisation ?

Ils sont nombreux. La dématérialisation représente un gain de temps considérable dans la rédaction et dans la transmission des contrats et des actes, dont certains mobilisent de nombreux intervenants : client, agent immobilier, syndic, diagnostiqueur, notaire. Elle représente aussi la fin des documents physiques, des reprographies, des envois postaux en recommandé ou non. Elle est un moyen plus sûr de conservation des documents (stockage dupliqué dans des datacenters) et un moyen d’archivage permettant de retrouver en quelques manipulations les documents recherchés. En matière de sécurité, le document numérique ne s’altère pas, ne se perd pas, ne se détruit pas. C’est aussi un moyen d’accéder à l’ensemble des dossiers depuis n’importe où, à tout moment et sur tout type de device. Enfin, la dématérialisation décharge les professionnels de certaines taches administratives sans valeurs ajoutées leur permettant ainsi de se concentrer sur leur coeur de métier.

En conclusion, comment voyez vous l’évolution du marché ?

Je pense que sur les deux prochaines années, nous allons assister à une profonde mutation sur le secteur de l‘immobilier. Si ce secteur est certes parti en retard, il bénéficie en revanche de l’expérience des autres secteurs d’activité, notamment celui de la banque et assurance – partenaires de l’immobilier-, dont la transformation digitale date de plus d’une dizaine d’années. Il bénéficie aussi du niveau de plus en plus mature des nouvelles technologies. Enfin, pour les digitals natives, la fin de l’ère du papier a sonné.

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