Même au beau milieu de l’incertitude causée par le vote du Brexit au Royaume-Uni, l’Union Européenne a concrétisé une avancée remarquable dans les intérêts du libre-échange et du progrès technologique, justifiant ainsi de célébrer ce jour marquant. Il n’est pas si courant qu’une nouvelle réglementation gouvernementale soit perçue comme universellement positive et apporte sans contestation possible une amélioration substantielle aux entreprises. C’est pourtant le cas de la nouvelle réglementation eIDAS (« Electronic Identification And Signature » – Signature et Identification Electroniques) qui entre en vigueur aujourd’hui, 1er juillet 2016, en Europe.

Pour des dirigeants de sociétés de tous les secteurs partout dans le monde, « passer au numérique », « s’affranchir du papier » ou « réaliser leur transformation numérique » font partie de leurs trois objectifs stratégiques prioritaires – et pour une bonne partie d’entre eux, il s’agit même de la priorité numéro un.

Il n’y a pas de miracle. Passer de processus ancestraux, basés sur le papier, à une activité automatisée et 100% numérique impacte positivement quasiment tous les domaines qui sont scrutés par les PDG : recettes, efficacité et coûts, sécurité et conformité légale, expérience client et même pérennité. D’après une étude menée par Capgemini Consulting et MIT Sloan Management intitulée L’avantage numérique : comment les leaders numériques surpassent leurs pairs dans tous les secteurs d’activité, les entreprises possédant une maturité numérique plus importante que leurs concurrents atteignent en moyenne des bénéfices 9% plus élevés, une rentabilité meilleure de 26% et une valorisation boursière 12% plus haute. Impressionnant.

Ce qui est tout aussi impressionnant est la capacité des commissaires européens à avoir su anticiper les efforts nécessaires et à travailler sans relâche à peaufiner et à améliorer la directive européenne existante en matière de signature électronique pour apporter une nouvelle réglementation plus claire et plus simple, qui entre en application à partir d’aujourd’hui.

Jusqu’à ce jour, la transition numérique a constitué un défi important en Europe. L’interprétation variable de la Directive EU 1999/93/EC sur les signatures électroniques par les différents états-membres a créé un environnement délicat pour le commerce électronique au-delà des frontières nationales. Les entreprises ont gaspillé un temps et un budget considérable à se préoccuper des exigences légales pour les transactions en fonction du pays dans lequel elles exerçaient leur activité, plutôt que se focaliser sur l’essentiel : développer les relations clients/partenaires/fournisseurs/employés/investisseurs avec lesquels ils collaborent au quotidien.

L’eIDAS ouvre la voie à un Marché Numérique Unique, permettant au marché européen d’être globalement plus compétitif en réduisant les freins à l’adaptation des entreprises à l’ère numérique. En conséquence, les entreprises européennes de toutes tailles peuvent désormais tirer profit des bénéfices de la transformation numérique – notamment un retour sur investissement plus rapide, une réduction des risques de sécurité et de conformité réglementaire et une expérience client radicalement améliorée – qui permettent tous de renforcer les avantages concurrentiels. Et lorsque, comme l’Europe, vous représentez près d’un quart du PIB mondial, c’est plus que significatif.

Mais la réglementation eIDAS n’a pas uniquement des impacts positifs pour les entreprises basées dans l’Union Européenne. Elle permet également de réaliser une activité dans cette zone plus rapidement, plus facilement et de manière plus pratique et sécurisée pour tout le monde, que vous soyez une petite entreprise ou une multinationale représentée dans des dizaines de pays et continents.

La réactivité est devenue la nouvelle monnaie des entreprises, plus que leur envergure. Nous ne sommes plus dans un rapport de force entre les plus gros qui mangent les plus petits, mais plutôt « les plus rapides consument les plus lents », et réussir sa transformation numérique est le meilleur moyen d’améliorer la vitesse d’obtention des résultats. Pour les entreprises de toutes tailles, franchir le cap du numérique avec succès est devenu d’une importance cruciale et, je le pense, l’unique facteur majeur capable d’influencer la réussite des entreprises aujourd’hui et dans le futur.

Mes félicitations donc au Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker et aux commissaires européens responsables de la standardisation des processus d’identification, des services de confiance et des signatures électroniques dans toute l’Union Européenne. Ces derniers ont sans aucun doute, préparé la voie pour réussir la transformation numérique en Europe, facilitant ainsi les transactions des entreprises de toutes tailles depuis et au sein de l’UE.

Keith Krach,
Président et Directeur Général de DocuSign

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