L’éducation des femmes a historiquement été considérée comme un moyen de faire des jeunes filles de meilleures épouses et mères. Seules quelques privilégiées avaient la chance de recevoir un enseignement universitaire de haut niveau dans des matières telles que les mathématiques, aux côtés de leurs pairs masculins. Bien qu’elles étaient de plus en plus nombreuses depuis la fin des années 1970, leur place dans les rangs de l’université au Royaume-Uni nécessitait un accord royal.

Le lent processus de réforme concernant leur place commence dans les années 1840. À cette époque, il était reconnu que si les femmes éduquaient leurs enfants elles avaient elles-mêmes besoin d’une éducation de qualité. Ainsi, les demandes concernant leur autorisation à passer des examens universitaires se sont multipliées dès la moitié du XIXe.

En 1867, la Reine Victoria accorde un décret autorisant les femmes à se rendre à l’Université de Londres. Un an plus tard, le Sénat vote l’autorisation de suivre des cours universitaires. Ce décret, scellé à la cire et lu à Whitehall (artère principale du centre de Londres, désignant par métonymie le gouvernement britannique) accordait aux jeunes filles la permission de passer un examen diplômant, spécialement dédié à la gente féminine.

Le 15 mai 1869, à 14 heures, 17 examinateurs de l’Université de Londres se réunirent pour accomplir une tâche inhabituelle pour l’époque : évaluer et noter le premier examen général pour les femmes de l’université, que neuf candidates avaient passé plus tôt en mai. Parmi celles-ci, on trouvait Sarah Jane Moody, Eliza Orne (première femme avocate du Royaume-Uni), Louisa von Glehn (militante et activiste pour la cause des femmes), Kate Spiller, Isabella de Lancy West et Susannah Wood. Celles-ci sont aujourd’hui reconnues en tant que pionnières de la place des femmes à l’université.

Peu de temps après plusieurs facultés universitaires ouvrirent leurs portes à une foule d’étudiantes. Dorothy Hodgking (prix Nobel pour la découverte de la pénicilline) par exemple, Rosalind Franklin (dont ses travaux ont été essentiels pour la découverte de l’ADN) ou encore Anne McLaren (biologiste et généticienne, pionnière de la fécondation in-vitro) ont toutes apporté des contributions sans précédent au progrès humain, qui n’aurait pas été possible sans formation universitaire.

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