Le World Mobile Congress débute cette semaine. Ça sera la première fois depuis 10 ans que je ne vais pas y participer. Et pourtant, la mobilité, le NFC sont des sujets plus d’actualité que jamais.
Ça m’a donné envie d’écrire un post au sujet du NFC et de le comparer à la signature électronique. Vous découvrirez que leur histoire est étonnamment similaire…

Qu’est-ce que le NFC ?

Pour résumer une histoire très longue (plus de 15 ans) et très complexe, il s’agit d’une technologie qui a toujours eu une grande promesse marketing : utiliser nos téléphones pour remplacer toutes les cartes de notre portefeuille (cartes bancaires, carte de transport type Navigo ou Oyster, cartes de fidélité…).

Payer, utiliser les moyens de transports en commun avec notre téléphone, ça semble évident et génial. Sauf que ça fait maintenant plus de 15 ans que l’on pense que la technologie va s’imposer rapidement. Et aujourd’hui, c’est encore loin d’être le cas.

Le passage de la NFC du hardware au Cloud

D’un point de vue technologique le NFC a vécu les mêmes évolutions que la signature électronique, en passant d’un modèle de sécurité à base d’hardware à un système basé sur le Cloud.

Tout d’abord, l’écosystème était convaincu que les applications bancaires et de transport devaient être installées physiquement dans chaque téléphone. Il s’agissait de s’implanter au sein d’un élément sécurisé (ou SE pour Secure Element en anglais) présent dans ce même téléphone. Contraignant ? Certes. C’était de toute façon une contrainte imposée par Visa et Mastercard.
L’écosystème a alors testé trois types de SE :

  • la SIM de l’opérateur mobile
  • Une micro SD que l’on rajoute lorsqu’un slot est disponible sur le mobile
  • Un circuit spécifique du mobile – l’Embedded SE

Celui qui a plus eu de succès a été la SIM – car fortement poussé par les opérateurs mobiles.
Malheureusement peu à peu l’écosystème a compris ou est en train de comprendre que le SE avait apporté trop de difficultés supplémentaires, à la fois techniques, de coûts et surtout de business models. En effet, banques et opérateurs mobiles et/ou fabricants de téléphones et TSM (Trusted Services Managers) devaient trouver un accord sur le partage du revenu généré ainsi. Cet accord n’a pas pu être trouvé, sauf dans des cas très spécifiques ou dans des régions très spécifiques (comme Singapour).
On assiste donc aujourd’hui à un passage vers la technologie HCE (Host Card Emulation) : l’application bancaire ou de transport n’est plus en local dans le téléphone mais se trouve dans le Cloud et se contente de communiquer au téléphone les informations (via token) nécessaires pour que le téléphone puisse interagir en local avec le POS bancaire ou la borne d’accès.

Le HCE, le renouveau du NFC

Les différents acteurs bancaires confirment qu’utiliser le HCE a enfin résolu beaucoup des problèmes qui empêchaient le NFC SE-centric de se développer :

  • Simplication du business model
  • Plus d’opérateurs mobiles dans la boucle
  • Plus de TSM nécessaire…

Les analystes sont depuis quelques mois unanimes et prévoient la croissance fulgurante de l’usage de cette technologie. Android Pay (sur une base de HCE) est en cours de lancement en ce moment – Corée en août, USA en septembre 2015 et en Europe dans un futur proche. Apple Pay (une version propriétaire d’Apple qui reste très semblable au HCE) a été lancé il y un an. La Banque Postale, BNP Paribas, BPCE et Société Générale sont en train de lancer une expérimentation de paiement mobile s’appuyant sur la technologie HCE.
Maintenant, nous sommes enfin prêts pour passer en mass production.

L’expérience utilisateur du NFC – la force de la signature électronique

Il y a eu tellement de problèmes relatifs au business model ou d’ordre technique à résoudre que l’écosystème a un peu oublié la finalité de tout ceci : à la fin le service doit plaire aux utilisateurs.
C’est là que la signature électronique – via mobile – peut apporter quelque chose de très intéressant. Dans beaucoup de pays (comme la France), on n’a pas accès à une carte de crédit sans signer un contrat avec sa banque. Sans la signature électronique, cela induit donc une cassure de l’expérience client qui se voudrait 100% électronique.
Imaginez la frustration :
On cherche à downloader son application VISA à partir de son appstore habituel. Une fois l’application installée, s’affiche alors juste la demande d’aller dans son agence bancaire habituelle pour demander l’activation de la dite application.
Inefficace ? Croyez-le ou non, c’est le parcours client qui est proposé aujourd’hui dans la plupart des premiers déploiements pilotes NFC en Europe.
La signature électronique est la solution à ce problème.
C’est maintenant notre rôle d’échanger avec les banques françaises ou européennes autour de ce use case spécifique, pour promettre une expérience utilisateur forte dans le cadre du NFC.

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