Cette semaine, nous rencontrons Katia Thomas, qui a rejoint DocuSign en juillet. Elle nous en dit plus sur ce qui l’anime au quotidien et sur sa carrière.

Que fais-tu chez DocuSign ?

Je suis VP Ventes pour les Grands Comptes en France et Europe du Sud.

Quel a été ton premier emploi après le diplôme ?

J’étais ingénieur informatique pour une entreprise française qui développait et vendait un logiciel pour les banques et assurances.

Pourquoi avoir choisi ce poste pour commencer ?

J’ai étudié les sciences informatiques et mon université nous imposait d’avoir un emploi à mi-temps pour mieux nous former. J’ai été à ce moment-là recrutée par une société d’assurances qui développait des logiciels dont la fonction principale était de calculer les taxes pour leurs clients. J’avais donc l’expérience et la formation qui correspondait bien à l’entreprise que j’ai rejointe après mon diplôme.

Ce poste a-t-il un lien avec ce que tu fais aujourd’hui ? Qu’en as-tu appris ?

Dans cette première entreprise, j’ai occupé 3 postes : développement de logiciel, support client et ventes. Je ne m’attendais pas à devenir commerciale. J’avais même, comme beaucoup de personnes en France, des préjugés sur les commerciaux. Mais le directeur commercial de cette entreprise m’a encouragé à essayer et a eu la bonne idée de m’associer à un commercial senior qui venait d’arriver dans l’entreprise. C’était un partenariat gagnant-gagnant : je formais cette personne sur l’entreprise et les clients, et il m’apprenait le métier de commercial.

Raconte-nous un moment qui a permis à ta carrière de prendre un tournant.

Je dirais que c’est lorsque j’ai rejoint Business Object, une société française de logiciels en forte croissance. C’était une superbe expérience, j’y ai beaucoup appris, y compris comment gagner de nouvelles parts de marché.

As-tu déjà pris des risques dans ta carrière ?

Me réorienter vers une carrière commerciale représentait un gros risque parce-que je n’avais aucune idée si j’allais aimer ça ou pas. A mi-chemin de la totalité de mon expérience chez Business Object, j’ai fait le choix de partir à la conquête d’un marché qui avait été remporté par l’un de nos concurrents. Je me devais de le récupérer, ce qui n’avait jamais été fait auparavant et qui était donc très risqué.

As-tu réussi ?

Oui, même si cela m’a pris 5 ans. Le directeur général savait que c’était un challenge difficile. Il m’a laissé y parvenir selon ma méthode, avec beaucoup de liberté et très peu de pression. C’était une très bonne expérience et j’en suis très fière.

Cette réussite t’a-t-elle encouragée à prendre plus de risques ?

La vente est une sorte de jeu. Tu dois gérer à la fois tes peurs et les risques. Après Business Object, je n’avais plus peur. Rien n’a été aussi difficile que ce premier challenge. Même dans la société suivante, chez SAP, alors que je ne connaissais pas le produit, je savais que j’avais les compétences commerciales requises. Donc j’ai aussi relevé le challenge.

As-tu déjà eu des déconvenues dans ta carrière ?

Chez Business Objects, j’ai perdu 7 contrats en 10 ans. J’ai essayé de comprendre et d’analyser chacun de ces échecs, quelle erreur j’avais pu faire. J’ai perdu le premier contrat parce que j’étais jeune et arrogante, et je me suis promis de ne jamais répéter cette erreur. Lorsque vous réussissez votre carrière, vous oubliez parfois la réalité. Mais lorsque vous perdez un contrat, vous apprenez à redevenir vigilante et à accorder plus d’importance au client. J’ai perdu 7 contrats pour 7 raisons différentes et j’ai appris de chacune d’elles. Désormais, j’essaye d’aider mon équipe à ne pas reproduire mes propres erreurs.

As-tu eu des mentors dans la vie ?

Lorsque j’ai rejoint SAP, le responsable de mon propre manager a été le premier à reconnaître mes capacités. Lorsqu’il a quitté l’entreprise pour une société allemande, il m’a demandé de le rejoindre en tant que Directrice Commerciale pour la filiale française de cette entreprise. Grâce à lui, j’ai appris beaucoup et ai pris plus de risques.

Comment décrirais-tu ta carrière et les choix que tu as faits ?

Je suis restée dans ma première entreprise pendant 7 ans et demi, la suivante pendant presque 10 ans. Si je devais recommencer, je ne resterais probablement pas aussi longtemps et aurais ainsi une évolution de carrière plus rapide. Mais lorsque vous avez des enfants en France, vous n’avez pas une seconde de répit. Elever un enfant est déjà un challenge conséquent, donc changer d’entreprise en même temps aurait été compliqué. J’ai donc choisi de rester dans la même entreprise et faire de mon mieux tout en m’occupant de mon enfant.

Qu’aimes-tu le plus à propos de ton job actuel ?

Je prends en charge une nouvelle équipe et les aide à passer au niveau supérieur. J’essaye de les aider à prendre conscience de leurs compétences et de leurs axes d’amélioration, puis à mettre en place des plans d’actions. Ce que je préfère, c’est les voir évoluer et gagner en confiance en soi. Etre une bonne manager ne s’apprend pas dans les livres. Vous devez trouver votre propre style avec le temps.

Quel conseil aurais-tu souhaité avoir plus tôt dans ta carrière et que tu pourrais donner aujourd’hui ?

Rester soi-même. Ne pas essayer d’être quelqu’un d’autre. Nous avons tous quelque chose à partager et à apprendre des autres.

Quels conseils donnerais-tu à un junior sur comment trouver un emploi ou organiser sa recherche ?

Ne pas avoir peur de commencer de zéro. Apprendre à chercher un emploi, apprendre à parler en entretien et apprendre à faire son CV. Lorsque j’ai eu mon MBA, j’ai bénéficié de conseils sur comment travailler mon network et j’ai refait mon CV 20 fois en français et 10 fois de plus en anglais.

As-tu des habitudes particulières qui t’aide à être plus efficace ?

J’essaye de prendre du temps pour moi-même, de me prévoir du temps seule – sans ma famille, sans mes collègues – juste pour me relaxer. Cela m’aide à travailler et à ne pas prendre de décisions précipitées. Je m’efforce de prendre le temps de réfléchir, même dans les situations d’urgence. Je trouve que lorsque je repousse la prise d’une décision, il en ressort souvent une meilleure.

Si tu ne faisais pas ton métier actuel, que ferais-tu ?

Entre 2 postes, je me suis rendue dans un centre de santé Ayurvédique en Inde et y ai vécu comme un moine. Cela m’a donné l’envie d’ouvrir un orphelinat pour filles dans cette communauté et j’ai levé des fonds pour cela. Si je n’étais pas chez DocuSign, je serais en Inde ou en train de faire découvrir l’Ayurveda en France ou en Europe.

> Découvrez Katia sur LinkedIn

Tags