Aujourd’hui, DocuSign France, ex-OpenTrust, fait partie intégrante d’un groupe de près de 2 000 personnes. Ses équipes d’ingénieurs ont à la fois la responsabilité des produits et services européens basés sur Protect&Sign ainsi que la gestion d’un centre de développement à part entière basé sur la plateforme Docusign.

Ce qui a eu lieu entretemps ? Une intégration réussie.

Depuis plus de 6 mois maintenant, nous œuvrons avec les équipes engineering historiques de DocuSign pour qu’OpenTrust, désormais DocuSign France, soit pleinement intégré au sein des équipes DocuSign.

De cette expérience, j’ai analysé 5 grands piliers qui, s’ils sont négligés, peuvent être sources de grandes difficultés.

Les 5 piliers d’une intégration réussie

1. Honnêteté

Lors des discussions initiales avec les équipes de DocuSign, nous avons présenté nos manières de faire et nos solutions.

Il est essentiel de bien se connaître soi-même :

  • Nous étions conscients de nos faiblesses, car notre croissance s’est faite avec une équipe soudée et talentueuse certes, mais restreinte, donc à priori sans commune mesure avec la R&D de Docusign, qui s’est enrichie avec le temps avec des talents reconnus des GAFA.
  • Nous étions également conscients de nos forces. Nous avons nous aussi eu à gérer une croissance forte en volume pour en arriver à gérer aujourd’hui plus de 100 000 transactions par jour. Nous avons une connaissance des mécanismes cryptographiques sous-jacents qui a fait la renommée des ingénieurs de Keynectis puis d’OpenTrust.

2 approches étaient alors possibles :

  • L’orgueil : En vue d’une acquisition, il est tentant de se montrer sous son plus beau jour, expliquer à quel point on fait bien les choses, à quel point on maitrise les dernières technologies, surtout en tant que CTO
  • L’humilité : Lorsque les ingénieurs de DocuSign sont arrivés, il y avait de quoi se sentir impressionnés. Anciens de Microsoft, Twitter, Amazon,  ou ayant vécu la croissance exponentielle de DocuSign depuis 10 ans maintenant, tous ont vécu les technologies nécessaires à la scalabillté imposée par la croissance des volumes que ce soit dans la réalisation des services ou dans leur exploitation, avec des niveaux de disponibilités qui dépassent le 99,99%…mensuel !

Nous avons finalement opté pour une troisième voie. L’honnêteté, animée d’une humble confiance en nous. D’une humble arrogance toute française pourrait-on dire :-).  Connaître nos forces et nos faiblesses a permis de poser les premières pierres de notre intégration, basée sur un respect et une confiance mutuels.

2. Proximité

Se côtoyer aide à se connaitre et donc à mieux s’intégrer.

Les 6 premiers mois ont donc été l’occasion pour nos équipes de recevoir la visite de nombreux ingénieurs DocuSign pour échanger sur nos pratiques (Release Management, QA, Delivery, Compliance, etc.). Nos équipes ont aussi pu aller sur place, que ce soit à Seattle ou San Francisco pour s’imprégner de la culture technologique du groupe et commencer à créer des liens avec nos équivalents locaux.

Au-delà de ces visites, une organisation complète est mise en place pour assurer que Docusign France ne se sente pas exclue du Groupe. Des changements profonds ne peuvent se faire que si la proximité entre les équipes est réelle :

  • Réunions hebdomadaires pour les Directeurs de l’Ingénierie
  • Réunions hebdomadaires pour les équipes qui gèrent les Datacenter
  • Hackathon tous les six mois
  • Réunion de visu tous les trois mois entre les différents directeurs de l’ingénierie (je suis en plein vol Paris –San Francisco pour une de ces réunions pendant que j’écris ce billet J )

Ce n’est pas exempt de défi : assurer des réunions avec des équipes sur 3 ou 4 fuseaux horaires différents n’est pas simple. Ceci étant dit la proximité n’est qu’un pré-requis, il est encore nécessaire que l’intégration se fasse aussi dans l’intérêt de l’intégré !

3. Respect (de nos spécificités et de nos produits)

Lors de nos premiers échanges, Docusign US a bien compris que notre manière de faire était dictée par le respect de normes ou standards (RGS, ETSI, EAL, etc.) locaux incontournables, chers à nos clients et à la base de la confiance qu’ils nous portent.

Certains aspects ont bien sûr généré quelques étonnements, voire quelques longues discussions notamment lorsqu’il fut nécessaire d’expliquer que certaines données devaient rester sur des serveurs en France, ou encore que les Datacenters Français ne pourraient être administrés que par des employés de Docusign France et gérés localement.

Docusign France étant la troisième acquisition de taille, nous avons aussi bénéficié de la volonté politique d’un Groupe à « réfléchir globalement mais agir localement ». DocuSign a ainsi respecté notre spécificité d’acteur reconnu de la confiance en France, fournisseur de produits dédiés à un marché européen et nécessitant une maîtrise technique de la signature européenne.

4. Convergence

Pour bien se comprendre, entre équipes d’ingénierie, il est important d’avoir le même vocabulaire,  les mêmes process et si possible les mêmes stacks technologiques.

Les six premiers mois ont donc été l’occasion de faire converger l’ensemble de nos pratiques qui se sont avérées assez proches. Tous les aspects ont été balayés que ce  soit dans la gestion du cycle de développement, de l’Assurance Qualité, de la documentation, ou encore des procédures de livraison (Release Management).

Des écarts ont été constatés bien sûr, avec des pratiques propres à la France et son contexte, comme la présence du code source de nos produits en France et accessible uniquement par nos équipes locales. Aujourd’hui, la majeure partie a été convergée et nous travaillons selon les mêmes pratiques et avec les mêmes outils.

5. Responsabilisation

Une fois la convergence des outils et prospects engagée, il était nécessaire, pour une parfaite intégration, que l’équipe R&D de Docusign France soit pleinement responsable de parties complètes de la plateforme DocuSign. En effet, pour continuer les échanges et bénéficier de nos expériences mutuelles, il est important sinon obligatoire de travailler sur des portions de code dont nous interdépendons.

C’est aujourd’hui ce qui est en train de se passer, avec les discussions des architectes, qui portent sur la réutilisation de services utilisés localement qui seront mis à disposition de l’ensemble de la plateforme DocuSign. Cette responsabilité impliquera un contrôle plus fin, une visibilité plus forte et des interactions encore plus enrichissantes pour nos équipes, et c’est nos produits qui en bénéficieront.

Au final, le premier bilan de ces six mois passés  montrent que DocuSign France est une société Française avec ses spécificités, respectée et portée par la puissance du Groupe DocuSign Inc.

Son équipe R&D est maintenant parfaitement intégrée et en voie de devenir un Centre de Développement à part entière. Et l’on recrute ! Alors, qu’attendez-vous pour nous rejoindre ? De nombreux postes sont à pourvoir au sein de notre R&D !

Par Loïc Houssier, ‎Senior Director, Head of Engineering for France

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