Il y a une semaine j’ai croisé, en venant au travail, les auto-écoles en grèves. Vous avez sûrement entendu parler des raisons de cette grève. Les gérants d’auto-écoles s’opposent à la mesure prise dans le plan Préfectures nouvelle génération qui prévoit notamment de simplifier la délivrance du permis de conduire. Ils ont choisi de se battre contre la dématérialisation de l’inscription au permis de conduire.

Cela m’a rappelé une autre grève, en mars 2017, des agences Pôle Emploi qui protestaient contre la numérisation des services, par crainte d’une perte de contact entre bénéficiaires et conseillers.

Le sujet est complexe, je le comprends. Et il évident qu’il est difficile pour moi de prendre de la mesure de tout ce que cela implique, étant donné que je suis dans un métier bien différent. Mais si je souhaitais vous en parler, c’était surtout pour la confusion souvent faite entre dématérialisation, Uberisation, déshumanisation, perte d’emplois, etc.

« Le travail de milliers de collègues va être substitué par la machine et l’automatisation », met en garde le délégué syndical SNU-FSU du pôle emploi, Jean-Charles Steyger.

En ce qui me concerne, je garde en tête une superbe intervention de M. Cugier, Directeur des Services Généraux de Thales, lors d’une matinale DocuSign, il y a un an. Il expliquait qu’il faut être plus honnêtes dans nos réflexions et qu’il faut arrêter de penser que les gens – qui aujourd’hui font beaucoup de tâches inintéressantes comme remplir des formulaires à la main ou faire des photocopies – ne voudraient pas évoluer vers des postes plus intéressants – et qu’ils seraient prêts à se former s’il le faut et si on leur donnait la possibilité. Et mieux encore, ils en sont demandeurs.

Donc il ne faut pas voir le numérique comme une excuse pour licencier des personnes mais justement comme une opportunité pour permettre à ces personnes de faire un travail plus utile, avec plus de valeur ajoutée pour la société qui les emploie.

Ma vision, personnelle, est la suivante : si un poste peut être remplacé par du numérique, il faut le faire – et ce, non pas pour épargner un salaire mais justement pour permettre à cette personne d’apporter plus de valeur à la société. Et surtout pour apporter un meilleur parcours client aux utilisateurs du service – quel intérêt pour un demandeur d’un permis de conduire d’aller faire la queue devant un guichet pour déposer son dossier de candidature quand on peut faire cela confortablement de chez soi ?

La transformation digitale est en marche et est en train d’impacter tous les secteurs d’activités. Le digital est déjà partout et le sera de plus en plus – inutile de se le cacher. On ne peut pas arrêter le progrès – surtout pas en faisant grève. Au contraire, il me semble qu’il faut réfléchir à comment se transformer (en tant que personnes et en tant qu’entreprises) pour profiter au mieux des opportunités crées grâce à une approche numérique.

Je comprends que cela ne soit pas toujours facile. J’ai été un de ceux qui disaient au début du téléphone mobile que je n’aurai jamais besoin de cette invention ; donc je n’ai pas de leçon à donner à qui que ce soit.

Il est tentant de ressortir la citation hyper connue du président d’IBM, qui a dit dans les année 50 qu’il n’y aurait jamais un marché pour plus de cinq ordinateurs… Mais j’ai plutôt envie de sourire à la phrase qu’un ami m’a dit un jour. C’était le début des voitures électriques et il disait que ces voitures étaient tellement silencieuses qu’elles seraient un danger accru pour les piétons.

Et j’ai aussi envie de sourire en repensant à cette personne qui, lors d’un salon professionnel, a assisté à une conférence DocuSign et à une démo de notre solution. A la fin de la séance, cette personne est venue me voir et m’a dit : « C’est incroyable comment avec DocuSign on peut accélérer et simplifier tout parcours de signature. Mais en même temps, ça va devenir tellement facile signer que les gens vont peut-être commencer à signer des documents à valeur légale sans vraiment faire attention au document en question ».

Bref, vous avez compris mon point : il y aura toujours des personnes réticentes à l’innovation. Pour certains, le digital est source de suppression d’emplois (auto-école) et de perte de sécurité (signature de contrats). Selon moi, le digital peut permettre d’inventer de nouvelles offres, de nouveaux parcours clients, de nouvelles façons de collaborer et de travailler ensemble. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Et dernière chose : les voitures électriques, c’est bel et bien l’avenir pour notre planète et non, les gens ne lisent pas moins un contrat numérique qu’un contrat papier 🙂

Lorenzo

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